103 pays présents à Lille ! Le Forum InCyber de plus en plus international
« Au-delà du Zero Trust, la confiance pour tous ? ». La 17e édition du Forum InCyber 2025 bat son plein dans l’enceinte du Grand Palais de Lille. 20 000 participants attendus et 700 entreprises représentées. Belle participation belge.
« Il y a un paradoxe ‘Zero Trust’ car il s’agit bien de créer de la confiance par la méfiance préalable. Mais c’est sans doute le prix à payer pour un monde numérique plus sûr, souligne le Général Marc Watin-Augouard, fondateur du Forum InCyber. Ce qui est valable dans l’espace numérique se vérifie d’ailleurs aussi dans le monde réel : dans un monde incertain, les relations entre les individus, les organisations ou les États s’établissent de plus en plus sur la base d’une confiance explicite, s’appuyant sur des critères de conformité, des vérifications, des due diligences etc. »
Premier temps fort de cet événement : la conférence plénière qui a clôturé la première journée, mardi 1er avril, sur le thème « Reconstruire la confiance » en présence notamment du CEO de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, de Gérard Araud ancien ambassadeur de France aux États-Unis, du ministre de la Justice et de la Sécurité des Pays-Bas, David van Weel et de l’ancien Premier ministre belge Yves Leterme.
« Le Zero Trust comporte sans doute une part d’utopie. Mais cette utopie est vertueuse, dès lors qu’on la confronte aux réalités du terrain. L’erreur serait de penser que cette transformation n’est que technique », a rappelé Guillaume Tissier, directeur général du Forum InCyber Europe.
Tensions géopolitiques
Parmi les 103 pays représentés, la Belgique est bien représentée. Notamment via AGORIA sous la houlette d’Eric Van Cangh, Senior Business Group Leader Digital Cybersecurity et l’AWEX en collaboration avec l’AdN et WBI au travers d’ un stand d’information commun aux entreprises et chercheurs qui bénéficieront. Au total, une trentaine de stands.
« Pas de confiance sans cybersécurité !, martèle David Vanderoost, CEO, Approach Cyber. L’Europe n’est pas naïve, elle met la pression à travers une juste réglementation. » Pour l’entreprise de Mont-Saint-Guibert, née voici dix ans, la cybersécurité n’est toutefois pas suffisante dans une stratégie. En cause, la volatilité des structures d’organisations, ne serait-ce qu’à travers le cloud.
Même discours chez ESIA, active depuis 14 ans dans les solutions de sécurité et la souveraineté des codes devenus essentiels pour des implantations sensibles comme le statut SEVESO. « Demain, le défi sera la souveraineté complète ! estime Daniel Etienne, CEO de l’entreprise de Sprimont. Il suffit de voir les tensions géopolitiques actuelles pour comprendre que la maîtrise totale sur nos données est essentielle pour une sécurité optimale. Aussi, privilégions des solutions européennes. Il en existe une multitude ! »
Sensibilisation, formation
De toute évidence, le monde de demain sera plus dur. « Le problème vient souvent de mauvaises approches dans les achats de produits logiciels, de leurs installations, de leurs mises en application et, enfin, de la maîtrise des utilisateurs », estime Benoit Rousseaux, Managing Director, IMAS. Notons que l’entreprise, créée en septembre 2024, va proposer des services de stratégies et des outils de sécurité aux entreprises avec des authentifications fortes.
De là, l’importance de la sensibilisation et de la formation. « Le défi du futur restera toujours la sensibilisation et la formation des entreprises et de leurs employés au travers du testing dans des environnements similaires afin d’évaluer les failles critiques », note Stéphanie Guinard, Marketing & Business Development | Cyber | Aerospace, Defence & Critical Infrastructures, NEXOVA. C’est la mission du nouveau centre d’excellence de Transinne.
Pénurie de talents
« En Belgique, nous rencontrons actuellement une pénurie de 1.400 spécialistes cyber dans différents domaines, assure Clément Laurens, co-Founder, CRESCO Cyber Security. L’avantage de la Belgique est le partage des connaissances via différents workshops des centres d’excellences dont AGORIA et le CMIB. Ce qui est rarement le cas dans d’autres pays… » Opérationnel depuis quinze ans, cet acteur réalise annuellement une centaine de projets.
Pour Tanguy Vansnick, Ph.D. Student, Faculté Polytechnique de Mons, UMONS, le défi du futur sera de développer un environnement de formation a plus grande échelle sur la sécurité des datas et des solutions innovantes comme la Blockchain